10/08/2008

Aménagement du centre-ville

LETTRE OUVERTE A MADAME GRANDCHAMPS, Echevine des Travaux publics et de la Mobilité

Madame l’Echevine,

J’apprends par la presse que vous êtes en partance pour un congé qui verra naître un bel enfant, nouveau citoyen de Namur.

Peut-être à votre retour en fonction, assisterons-nous à une seconde naissance : celle du projet d’aménagement du centre-ville que vous avez lancé avec sourires et publicité en janvier 2008.

Nous serons bientôt en septembre et nous n’avons aucune nouvelle de sa gestation.

Je vous ai interrogée au Conseil communal du mois de juin mais sans succès : aucune information ne fut communiquée.

Lorsque vous avez décidé de consulter la population – grâce à un panel de 20 personnes  – belle participation - pour améliorer la sécurité et la convivialité du centre, j’avais pensé naïvement que le Conseil communal, représentant naturel des intérêts collectifs, serait associé à la réflexion.

Il n’en fut et n’en est rien jusqu’à présent.

Le Collège avait décidé d’exclure de cette importante réflexion des gens comme vous et moi, Namurois de toujours, amoureux de Namur,  travaillant, y habitant, ayant fréquenté et fréquentant ses écoles et ses commerces ; pas de Flawinnois, pas d’Erpentois, …, dans votre panel.

La lecture des titres des quotidiens de février 2008 m’inquiétait plus encore : « La Ville cherche des idées… ».

Le Collège reconnaissait ainsi qu’il n’avait pas d’idée sur le développement et l’aménagement du centre-ville.

Au contraire, j’estime qu’il appartenait au Collège et à vous-même de donner en premier votre propre vision de l’aménagement du centre-ville, de ses priorités en matière de déplacement, de sa politique d’habitat et de la confronter ensuite aux contraintes techniques et financières et au débat public.  Vous deviez préciser quel rôle vous assignez à la Corbeille en termes communal, local et régional.

Le Collège prend prétexte de cette «réflexion en profondeur » pour retarder des travaux urgents de sécurité des trottoirs et de la voirie du centre-ville.

Etant exclu de cette réflexion, j’ai tenu à effectuer un devoir de vacances et à vous livrer ma vision et quelques  idées d’aménagement du centre-ville qui, pour moi, s’étend de la gare de Namur à la gare de Jambes (relié par ce « pont des Arts », à deux pas de l’Elysette,  imaginé il y a bien longtemps et dont tout le monde rêve).

Mais pour cette fois, je m’arrêterai aux berges de la Meuse.

Je crois qu’il conviendrait :

1)        d’accorder la priorité aux déplacements lents : piétons et cyclistes. Et donc, de réaliser une configuration piétonne de l’espace public.

Ce qui ne veut pas dire que le centre-ville est interdit aux véhicules.

La situation ne peut être figée, elle doit faire l’objet d’une gestion dynamique : fermer et ouvrir l’espace à certaines heures, certains jours, à certains événements, à certains besoins.

Dans la Corbeille, les transports collectifs de transit doivent être bannis et remplacés par une série de minibus électriques qui sillonneraient tout le centre et assureraient aussi la liaison avec les parkings extérieurs.

2)      de redessiner l’espace public :

·      en ouvrant la place de l’Ange sur la totalité de la rue de l’Ange et non plus en la divisant, comme actuellement, par une rangée d’arbres (disparates et en piteux état), de bancs et d’énormes bordures ;

·      en liaisonnant les espaces déjà piétons : place du Théâtre, place d’Armes, rue de la Monnaie, place de l’Ange et les vieux quartiers ;

·      en réalisant une vraie place du Marché aux Légumes d’un seul tenant revêtue de grandes dalles de pierres bleues bouchardées de façade à façade sans plus marquer les pourtours de la voirie, en dégageant sa fontaine, en libérant les superbes façades de ces énormes écrans de verdure destructeurs d’ailleurs du pavement ;

·      en employant des matériaux nobles et pratiques pour les trottoirs et l’espace réservé au charroi (en évitant les erreurs du passé comme le placement de pavés, inconfortables au niveau des déplacements des personnes à mobilité réduite, …, au niveau du bruit,…).

 

3)        de définir par une charte  les rapports entre la Ville et les commerçants.

Celle-ci devrait comprendre un chapitre Horeca qu’il convient de favoriser car c’est lui qui assure l’animation de la ville sur une longue durée.

Ce chapitre devrait viser à définir le type de mobilier de terrasse y compris les toiles dont toute publicité doit être proscrite.  Un cofinancement privé /public et des délais de réalisation doivent être prévus.

Il devrait également comprendre des règles pour l’établissement de terrasses couvertes à favoriser.

Pour tous les commerces, locataires ou propriétaires de la totalité de l’immeuble, il conviendrait d’accompagner la rénovation du rez-de-chaussée de la rénovation de toute la façade et, à défaut d’y installer de l’habitat (à favoriser par des mesures fiscales) d’assurer un entretien des fenêtres aux étages.

4)      d’accorder une attention toute particulière à l’esthétique générale de l’espace public :

·         par un règlement sur les enseignes pour éviter la pollution visuelle due à la multiplication des formes, des couleurs et des hauteurs de ces enseignes en façade ;

·         en proscrivant la prolifération des ventes à l’extérieur et des panneaux d’appel placés sur le trottoir ;

·         en rénovant l’éclairage public .

 

5)      de favoriser l’accessibilité aux équipements collectifs : écoles, lieux culturels.

 

6)        d’encourager l’habitat au centre-ville par une politique urbanistique innovante et une politique fiscale équitable.

 

Voilà, Madame l’Echevine, les quelques idées que je soumets à votre réflexion et à celle de tous les Namurois.

Et je ne parle pas du projet commercial sur la dalle de la gare, de l’avenir du quartier de la Gare (départ de Vers l’Avenir, de la Poste,…), du projet du futur Palais de Justice, des problèmes de stationnement pour les riverains du centre-ville, de l’organisation du marché hebdomadaire pour lesquels, nous, les conseillers, n’avons aucune information.

Comme j’ai souvent eu l’occasion de le dire et l’écrire, l’axe commercial de Namur, avec la présence des écoles, participent grandement à l’attractivité et à la vitalité de notre ville ; nous fréquentons un centre commercial à ciel ouvert, aménageons-le donc comme tel mais sans toit et accordons aussi une attention toute particulière à la propreté et à l’éradication des mauvaises herbes qui ont envahi nos caniveaux et nos trottoirs.

Nous sommes engagés dans une compétition entre villes et nous devons êtres la vitrine de la Wallonie.  Il est temps de se réveiller et de décider des actions concrètes et durables.

Je vous souhaite de mettre au monde votre enfant dans la tendresse et la sérénité et vous adresse d’ores et déjà toutes mes félicitations.

 

Jean-Louis CLOSE

19:09 Écrit par Jean-Louis Close dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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