16/09/2008

Bouge: implantation d'un parc technologique

CONSEIL COMMUNAL DU 08 SEPTEMBRE 2008

INTERPELLATION

 

Mesdames, Messieurs les Conseillers, nous estimons tous que la problématique de l’implantation à Bouge d’un parc technologique est un des dossiers les plus importants de cette législature puisqu’il met en jeu des aspects environnementaux et agricoles, économiques, sociaux et affectifs.

Mais trouvez-vous normal que notre assemblée démocratique découvre la décision du Collège à l’ouverture du Conseil communal et pour les plus chanceux, vers 14 heures (à condition qu’ils soient devant leur ordinateur et que leur liaison Internet fonctionne !).

La décision du Collège est tombée fin de matinée et fut précédée de moultes réunions préalables destinées à trouver un consensus.  J’y reviendrai.

Mais je vous demande au préalable, en raison de la non-discussion en commission communale et en groupes politiques et également de la non-mise à disposition en temps utile comme le prévoit le Règlement d’Ordre Intérieur de reporter l’examen de ce point.

Sommes-nous d’accord ?

NON : Je m’en doutais un peu.

Bernard Anselme a retracé l’historique et je n’y reviendrai donc pas sauf si l’un ou l’autre point est nécessaire à ma démonstration.

Votre délibération de ce 08 septembre reprend dans les grandes lignes les arguments développés de la précédente délibération du Collège du 02 septembre 2008 et s’appuie sur le rapport négatif émis par le Bureau d’études de l’aménagement du territoire daté du 28 août dernier, sans avoir la correction de reprendre également les aspects positifs contenus dans ce rapport.

Mais là n’est pas le problème.  Il fallait trouver des arguments pour pouvoir dire non, l’administration s’est exécutée.

Le problème réside dans le fait que tous les arguments développés par le Bureau d’études ont déjà été tranchés par l’Arrêté du Gouvernement wallon du 22 avril 2004 adoptant définitivement la révision du plan de secteur inscrivant une zone d’activité économique mixte sur le territoire de Bouge et Champion.

Les aspects environnementaux et urbanistiques ont été validés par l’Arrêté du Gouvernement wallon du 23 octobre 2007 approuvant le cahier des charges urbanistiques et environnementales qui validait la réunion de concertation formelle prévue par le CWATUP et qui a eu lieu le 27 juin 2007.

Qui étaient présents au nom de la Ville à cette réunion et qui ont marqué leur accord sur le procès-verbal et les modifications à apporter aux propositions du BEP : le Cabinet de Mme l’Echevine Barzin en la personne de B. Falise ; Mme l’Echevine Grandchamps ; M. Michel Somville, à l’époque Chef de cabinet de M. l’Echevin Gavroy ; Mme Colfs, du Cabinet de Mme Grandchamps et M. Claude Rousselle pour l’administration.

TOUS – TOUS les souhaits exprimés par la Ville ont été intégrés par le BEP au dossier de CCUE et approuvés par la tutelle dans son arrêté.

Je ne voudrais pas que ce dossier dérape et illustre un malheureux rapport de force entre autorités communales et agriculteurs exploitant une partie des terres visées.

Je veux être honnête avec eux et leur dire la vérité que la majorité n’ose pas leur dire :

1)      Les terres visées (10 hectares) par l’arrêté du Gouvernement wallon du 22 avril 2004 sont dorénavant affectées par le plan de secteur à une zone réservée exclusivement pour la création d’un parc d’affaires et 5 hectares réservés pour un P+R.

2)      L’Arrêté du 23 octobre 2007 du Gouvernement wallon approuvant le CCUE confirme cette vocation.  Il énonce, en son chapitre IV§2, de manière plus détaillée les activités qui pourraient y prendre place :

·         Outre les bureaux, les activités seront :

Ø  Recherche et développement

Ø  Activités informatiques

Ø  Services collectifs généraux

Ø  Banques

Ø  Postes et télécommunications

Ø  Santé

Ø  Services auxiliaires tels que restaurants, librairies, équipements sportifs, crèche, hôtel,…

                Ces précisions ont été inscrites à la demande de la Ville et approuvée par elle.

                Il s’agit donc d’activités propres, tournées vers les technologies, hébergées dans des bâtiments de la dernière génération en matière énergétique et urbanistique.

3)      Et maintenant, écoutez bien ce que la majorité propose à l’approbation du Conseil communal :

« Le Collège considère que la réalisation du Parc d’Affaires « pourrait empêcher l’implantation d’unités de production orientées par exemple – ce n’est pas limitatif – par exemple, vers les nouvelles technologies et la recherche ».

Le Collège propose ni plus ni moins de transformer un parc technologique environnemental en zoning ordinaire.

C’est extraordinaire ! Je n’ai jamais vu cela !

Le dispositif de la délibération précise bien : « … le pouvoir communal y envisage de manière favorable le développement d’activités économiques mixtes, créatrices d’emplois de qualité, comportant des unités de production à haute valeur ajoutée, centrées sur les nouvelles technologies et la recherche. »

Or, s’il y a des unités de production, le BEP a prévu de les installer dans le parc de Rhisnes dont l’extension est clairement dédicacée à cet effet.

 

Vous comprendrez que nous apprécions peu  les attaques dénuées de fondement que j’ai lues dans la presse ce matin :

« Du béton dans les champs…. ».  Vous aurez plus que du béton, vous aurez en plus un charroi important.

« Pas de high-tech mais des bureaux ».  Vous n’aurez même pas des bureaux mais des ateliers de production !!

 

Je n’ai pas vu une telle mobilisation agricole lorsque fut annoncée l’implantation possible d’un stade de foot à Bouge avec le soutien enthousiaste, entre autres, de notre nouvel échevin Philippe Detry.

Le stade, disait-il et toutes ses annexes, n’occuperaient qu’une bonne dizaine d’hectares, pas de commerce mais peut-être un IKEA… qui, comme tout le monde le sait, ne fait pas de commerce !

Oui, mais ce ne sont pas les mêmes terres que le BEP, disait-il.

Bien justement, le foot s’installerait côté route d’Hannut sur les bonnes terres.

Alors que la première phase de 5 hectares à l’horizon de 10 ans du BEP n’occuperait que des prairies côté chaussée de Louvain.

Si les prairies sont les meilleures terres de Wallonie, j’y perds mon latin !

 

Le Collège tente une vaine manœuvre dilatoire en proposant l’adoption d’un PCA qui préciserait les prescriptions du plan de secteur afin d’ouvrir la possibilité d’accueillir des unités de production… de production !

Mais, Mesdames et Messieurs du Collège, il faut un PCA dérogatoire et non un simple PCA car s’il ne déroge pas, il ne permettra pas d’élargir les possibilités d’accueillir des usines ! (cqfd).

 

Mesdames et Messieurs les Conseillers de la majorité, le Collège vous mène en bateau (le fameux trois mâts pris dans une tempête de contradictions !).

 

Mes amis libéraux, vous avez toujours accepté ce projet.

 

Mes amis cdH, votre Ministre Antoine, grand maître de l’aménagement du territoire, a soutenu  et soutient ce projet.

 

Mes amis Ecolo, vos ministres wallons ont approuvé la modification du plan de secteur et ce matin encore, sur les ondes de la RTBF, M. Nollet lançait un vibrant appel à la création d’emplois orientés vers les technologies propres.

 

Mesdames et Messieurs, ne vous parjurez pas.

 

Namur doit jouer la carte du développement durable en offrant la possibilité d’accueillir des unités de recherche et en s’inscrivant résolument dans le couloir Louvain-la-Neuve/Namur.

 

Inscrivez Namur dans la modernité en appui à la nouvelle Université Namur-Louvain.

Louvain n’a pas demandé d’extension de son parc technologique, Namur pourrait accueillir les entreprises attirées par les 2 universités qui ne trouveraient plus de place à Louvain.

 

Ne laissez pas passer cette chance.

 

Commentaires :

La position du Collège représente le triomphe de la mauvaise foi.

La délibération votée par la majorité n’a d’autre but que de retarder et torpiller ce dossier, déterminant pour l’avenir économique et social des citoyens namurois.

Elle démontre aussi combien la tripartite est divisée et favorise des intérêts particuliers au détriment de l’intérêt général.

Lors du débat télévisé à Canal C ce lundi 15 septembre, la majorité a confirmé son obstination à ne pas voir aboutir rapidement ce dossier, générateur d’emplois à Namur.

La majorité, et principalement Ecolo et le cdH, prônent le repli sur Namur et manipule l’opinion publique.

En effet, plutôt que des services et des centres de recherche, ils veulent maintenant en plus des unités de production avec tous les inconvénients que cela représente, notamment en termes de charroi et ce qui retardera au minimum de 3 à 4 ans, si pas plus, l’accueil de la première entreprise : merci pour l’emploi namurois.  Ce sont les autres communes limitrophes qui se frottent les mains et qui bénéficieront donc des moyens financiers régionaux, de recettes fiscales et d’emplois.

Je rappelle que sur les 4 fermiers, à une échéance de 20 ans, si le programme sur les 15 hectares aboutit, le fermier le moins concerné, se verra soustrait de 0,4% des terres qu’il exploite et le plus concerné, 10%.  Je le répète, une échéance de 20 ans, cela nous laisse toutes les possibilités de négociations afin de trouver toutes les compensations possibles et raisonnables qui doivent être envisagées dans ce délai.  Sur ce sujet également, je n’ai entendu aucune proposition de la part de la majorité.

Ecolo et le cdH manipulent les fermiers.

Ils ont bien dû reconnaître que, de toute façon, et quoique l’on fasse, 15 hectares seraient bien consacrés à de l’économique et plus à de l’agriculture.

Le CPAS de Namur, propriétaire des 5 hectares de prairies sur lesquels devraient s’implanter la 1ère phase de la zone économique,  doit réfléchir en termes « financier « (c’est-à-dire social) et non « politique » sachant que le changement d’affectation des terrains a accru considérablement leur valeur. Il est de plus préférable, à terme, que les terrains affectés à la zone économique appartiennent à un pouvoir public plutôt qu’à un privé.  Rien, en effet, n’empêche un privé de se rendre propriétaire, dans un but spéculatif, de tout ou partie des 15 hectares visés.

Il faut reconnaître que Namur est avant tout une ville tertiaire, d’enseignement et de recherche.  Il faut donc rassembler toutes les forces pour consolider cet ancrage scientifique qui ne fera que croître grâce à la création de l’Académie des universités de Namur et Louvain-la-Neuve.

jeanlouis.close@gmail.com

22:32 Écrit par Jean-Louis Close dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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