01/08/2009

CONSEIL COMMUNAL DU 29 JUIN 2009 - mon interpellation sur le point 38 - programme de rénovation du Caméo

 

Votre présentation du programme de rénovation du Caméo au travers de votre délibération d’aujourd’hui nous interpelle et nous perturbe. Il ne s’agit pas en fait d’un programme de rénovation mais d’une demande de subsidiation.

En janvier 2009, Mme De Gand annonce triomphalement - et nous nous en sommes tous réjouis – que le dossier de rénovation du Caméo était fin prêt et que les travaux pourraient débuter dans quelques mois.

Mais, ajoutait Mme De Gand, il faut être raisonnable, il s’agira d’une rénovation légère mais qui coûtera tout de même 2.500.000 euros !

Notre enthousiasme retomba, mais à la guerre comme à la guerre, commençons par le début et puis on améliorera.

Mais quelle ne fut pas notre surprise – et j’en fis état au Conseil communal de février 2009 – de constater que Mme l’Echevine De Gand s’était avancée, permettez-moi de le dire, un peu à la légère et dirions-nous « sans biscuit » puisque le Collège, en sa séance du 10 février 2009, fit constater qu’aucun budget à destination du Caméo n’existait et chargeait les échevins De Gand et Gavroy de prospecter sur les possibilités de financement.

Ce qui nous vaut la délibération de ce pour qui est un ballon d’essai à destination de la Communauté française pour voir si par hasard, dans les conditions politiques et budgétaires « favorables » que nous connaissons, la Communauté française n’aurait plus quelques sous à dépenser à Namur ?

Et cette fois-ci, contrairement au mois de janvier, il ne s’agit plus d’une rénovation légère mais, à la lecture des clauses techniques, d’une importante rénovation et toujours pour le même prix, 2.500.000 euros mais toujours avec la même réserve budgétaire : « la situation sera revue sur base des projets de budget extraordinaire 2010-2011-2012 avant la fin de l’année !!! C’est-à-dire aux calendes grecques et c’est la Communauté française qui en portera la responsabilité !

 

Mais plus curieux ou plus angoissant ou perturbant, c’est l’état d’esprit qui enveloppe cette délibération.

Les 2,3 et 4èmes paragraphes sont éloquents : que disent-ils ?

·         3 salles sont occupées par une asbl et un groupe musical

·         Il faut rénover pour améliorer la gestion et ainsi dégager un équilibre financier (dont la note d’accompagnement estime qu’il ne peut être atteint sans subsides !)

·         Il faut conserver au centre-ville un lieu de projection consacré au cinéma de qualité ou d’art et essai

Ainsi la préoccupation et la vocation créatrice, éducatrice et politique du cinéma n’apparaissent qu’en 3ème position sous forme de « projection ».

Projections qui seront assurées, on vous l’annonce déjà, par une asbl nommément citée, celle-ci étant chapeautée par une asbl (existante, à adapter ou nouvelle !!!) dont l’objet social sera « la gestion pratique (espérons-le), administrative et financière du complexe, ainsi que son animation et la promotion de ses activités ».

Nul projet culturel ambitieux.

3 ans de concertation et un chef de cabinet remercié pour aboutir à une lourde rénovation de salles de projection et de cours à destination des élèves du supérieur.

Curieux mécanisme ?

2.500.000 millions d’euros consacrés à rénover un bâtiment pour une asbl qui n’a rien demandé et n’a déposé aucun projet, ni maintenant et ni au moment de son entrée dans les lieux. Une asbl qui possède une importante dette à son passif.

Quel beau cadeau !

Est-ce bien légal, équitable et durable ?

La question mérite d’être posée.

Mais revenons un instant aux projets de travaux proprement dits.

Curieux dossier ici aussi.

A l’occasion de la conférence de presse de janvier 2009 de Mme De Gand, un plan sommaire, non coté, fut montré afin d’indiquer ou se situerait le futur ascenseur et la cafétéria.

L’intervention d’un architecte – auquel il n’est fait nulle référence dans la présente délibération – apparaît en filigrane dans la délibération du Collège du 10 février 2009.

Par mail du 15 mars 2009, j’ai demandé la production de « la décision du Collège ayant désigné l’architecte (…) ainsi que le rapport justificatif et le cahier des charges que l’architecte devait respecter ».

Par courrier du 03 avril 2009, MM. Gavroy et Van Bol me signalent qu’il n’y a pas eu de cahier des charges, ni de rapport d’attribution de ce marché puisqu’il n’y a pas eu « de désignation d’auteur de projet à proprement parler…pour procéder à la rénovation… ».

Mais là où cela se corse, c’est lorsque le Collège s’aperçoit qu’un architecte a bien été désigné en mai 2008 par les services de M. Gavroy mais sans bon de commande qui sera ratifié –suite à mon courrier – par le Collège du 24 mars 2009 et signé le jour même par M. Gavroy.

Bonne gouvernance n’est-il pas ? Travailler sans bon de commande ! et ratifier le travail accompli a posteriori pour un montant de 2.500 euros (50 heures de travail à 50 euros).

J’ai dénoncé cette façon d’agir par courrier à MM. Gavroy et Van Bol du 05 juin dernier auquel je n’ai pas eu réponse.

Nous pouvons déduire de tout cela :

1.       L’architecte a travaillé sans indication, sans programme, sans définition d’objectifs, sans ligne directrice : quelle destination du bâtiment ? quel programme culturel doit rencontrer la rénovation ? combien de salles et de quel type ? combien de sièges ? quels équipements techniques et logistiques ? etc…

2.       Il n’y a pas eu de réflexion sur la pertinence de conserver le bâtiment tel quel ou de le vider et de reconstruire à neuf.

Il n’y a pas eu d’appréciation sur les points faibles du bâtiment - et il y en a beaucoup- ou ses points forts éventuels, je n’en connais pas.

3.       Malgré mes demandes répétées, il n’y a pas de business plan puisque le Collège, par sa délibération du 10 février 2009, considère ex abrupto que pour combler le déficit annuel de 129.737 euros, une rénovation estimée à 2.500.000 euros induira une gestion rentable.

 

En conclusion, le Groupe PS estime que ce dossier est mal présenté et contient de lourdes erreurs administratives.

 

Qu’en conséquence, il doit être totalement repensé et que des questions fondamentales doivent trouver réponses.

1.       Que faut-il pour satisfaire les besoins en expression cinématographique « art et essai » à Namur pour les 25 ans à venir ?

Quel projet culturel – en relation avec les arts audiovisuels – la Ville porte-t-elle ?

2.       Le bâtiment actuel dans sa configuration peut-il oui ou non remplir ces missions (cfr stabilité) ?

3.       Quels seraient les coûts et avantages ou désavantages de deux scénarios : rénovation ou reconstruction (tout en sauvegardant les façades) ?

4.       Pourquoi ne pas avoir repris la proposition de rachat de l’immeuble donnant accès à la rue Godefroid afin notamment d’améliorer la sécurité et la gestion du complexe ?

5.       Quel business plan peut-on réaliser sur base de ces deux scénarios tenant compte des sources de financement ?

6.       Quelles sources de financement ?

7.       Quelles structures de gestion après réhabilitation ?

Ne faisons pas du Caméo un nouveau Grognon !

Jeanlouis.close@gmail.com

 

 

18:05 Écrit par Jean-Louis Close dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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