18/03/2010

INTERPELLATION AU CONSEIL COMMUNAL DU 15 MARS 2010 Point 3. A PROPOS DU PROTOCOLE D’ACCORD VILLE-PARLEMENT, signé le 25 février 2010

Accord historique, titrait la Presse et la sympathique jeune Présidente du Parlement wallon de soutenir, sans sourciller, que c’était la première fois en trente ans qu’une telle rencontre avait lieu.

Les archives du Parlement n’ont sans doute pas suivi ses différents sites d’implantation…

Croyez-vous réellement que le choix de Namur comme Capitale, l’implantation de ses ministères et de son Parlement sont le résultat d’une aimable conversation pointée d’humour entre François,  Joseph et Tchanché ?

Ils sont le fruit de dizaines de réunions de concertation entre politiques et entre politiques et administration et comités d’avis.

Puis-je humblement rappeler que le choix de Namur comme Capitale résulte d’un accord historique – celui-là – entre les Bourgmestres des 4 grandes Villes wallonnes qui tenaient des réunions régulières sous le mayorat de Louis Namèche d’abord, sous mon mayorat, ensuite.

Que ce choix fut sanctionné par le Décret Anselme.  Comment oser prétendre que l’accueil des parlementaires wallons au Novotel d’abord, à la Bourse du Commerce ensuite et enfin, au Saint-Gilles, ne fut pas le résultat de longues concertations menées entre la Ville, le Parlement et l’Exécutif régional.

Que cette concertation permanente entre le Parlement et la Ville de Namur a connu son apogée lors de l’élaboration du projet de nouvelle implantation du Parlement, de ses services et des Groupes politiques sur le Grognon.

Que le projet primé par un jury international) fut le résultat d’une longue procédure transparente et participative contestée par l’action de groupes de pression et des motivations politiciennes personnelles. Il est vrai que nous étions  proches des élections communales.

Que fut alors organisée une consultation populaire.  Consultation possible par le règlement adopté par le Conseil en juin 1988 sur la participation du citoyen à la vie communale.  Vous voyez, à Namur, la démocratie participative n’a pas attendu votre arrivée au pouvoir !

Que le résultat de cette consultation ruina la réalisation d’une œuvre architecturale majeure, le Botta, pour la représentation symbolique de la Wallonie qui aurait propulsé Namur au rang de capitale régionale européenne dynamique, novatrice et créative.

Il est vrai que les Wallons ont préféré l’édification de gares onéreuses à l’Est et à l’Ouest tandis que Namur, après une rénovation sans excès se contentera de votre projet d’un dépôt de bus  !

Elle est belle l’ambition namuroise et wallonne !

Mais cessons de remuer le passé.

Voyons ce que nous réserve l’avenir.

 

En quoi donc consiste ce petit accord historique ?

A sanctionner le plus petit commun dénominateur.

« Ecoute » dit l’une à l’autre :

« Je suis bien dans la maison que tu m’as louée mais je suis un peu à l’étroit, ma famille s’agrandit et je n’ai pas envie de déménager ».

A quoi l’autre répond :

« J’avais rêvé que tu construirais un nouveau palais au bord de l’eau mais mon partenaire du moment grâce à qui je suis devenu chef de famille ne veut pas.  Bien que Chef, je lui dois tout et ce n’est pas le moment de le fâcher.  Je te propose donc d’occuper une maison mitoyenne dont je suis propriétaire mais il faut que tu me récases ses occupants peu exigeants mais folkloriques qui agrémentent de temps à autre mes moments de fêtes ».

Mais rien de plus simple, répondit l’une :

« Je t’échange ta maison contre une propriété mienne à quelques pieds d’ici. Et l’accord fut vite conclu et publié avec tout le lustre voulu pour éblouir le bon peuple subjugué par cette alliance historique ( !) entre 2 familles patriciennes dont on disait qu’elles étaient en froid. »

Mais trêve de conte pour midinettes, il s’agit de conforter l’installation du Parlement wallon dans les murs de sa Capitale.

Je ferai quelques observations et propositions préliminaires.

Je ne pense pas que les groupements occupant la Maison du Folklore aient été préalablement concertés.

Je ne pense pas que les organes du CPAS – propriétaire de la Maison du Folklore - aient été concertés.

Mais nous nous interrogeons quant à l’occupation du Greffe par les 4 associations hébergées Boulevard Huart, le bâtiment nous semble peu adapté.

Le Groupe PS PROPOSE que ces groupements, avec leur accord, migrent vers la Halle aux Grains, actuellement en travaux, située rue des Brasseurs en plein cœur du Vieux Namur, renforçant ainsi par leur présence le Pôle culturel en devenir dans ce quartier avec la Maison de la Poésie, la Maison du Conte, le FIFF, Namur en Mai, le Musée Rops, le Musée de Croix et le futur Musée archéologique.

Je voudrais par ailleurs rappeler la situation juridique des biens mis à et à mettre à la disposition du Parlement.

Le bâtiment du Parlement et la Maison du Folklore appartiennent au CPAS.

En 1985, le CPAS signe un bail emphytéotique avec la Région wallonne qui paiera au CPAS un canon unique de 10.000.000 FB que le CPAS ristournera à la Ville.

Belle négociation pour les caisses de la Ville, M. Emile Lebrun, il est vrai, était Echevin des Finances.

Pourquoi donc ne pas aller plus loin.

Nous connaissons les problèmes budgétaires du CPAS et son souhait de réaliser des biens immobiliers pour « atténuer » son déficit et permettre la poursuite de toutes ses actions en faveur du public fragilisé.

Le Groupe PS PROPOSE que le CPAS vende ses deux propriétés au Parlement.

Le Parlement serait enfin dans ses murs et assoirait ainsi encore plus sa présence au Grognon et le CPAS dégagerait de nouveaux moyens.

Mais nous aurions aimé que ce dossier soit nourri par des réflexions plus fondamentales appuyées par un dossier technique.

Nous aurions aimé que dans l’ « accord historique » figure en clair la volonté du Parlement wallon de renoncer à tout déménagement tenant compte de la valeur hautement symbolique de sa présence au Confluent.

Nous aurions aimé connaître les besoins spécifiques d’extension du Parlement pour les 15 ans à venir plutôt que de constater simplement que les commissions parlementaires et deux groupes politiques travaillent dans des conditions inadaptées.

Nourri de ce dossier technique justificatif, la Ville, le Parlement et l’Administration régionale de l’Aménagement du Territoire auraient pu tracer le périmètre occupable par le Parlement le long du Boulevard Huart et dans la rue Notre Dame et dans la foulée, envisager l’implantation d’une salle de séance plus rationnelle au pied des premiers remparts de la Citadelle.

Les deux côtés de la rue, reliés par une passerelle, donneraient alors une image forte de notre institution parlementaire régionale appuyée sur les contreforts d’une Citadelle millénaire alliant le passé, le présent et l’avenir.

Enfin, le Groupe PS aurait aimé plus de force et de message politiques à l’intention des Wallons et des Namurois.

Puisque nous reconnaissons tous – Bourgmestre en tête – que le Décret Anselme, résultat d’un compromis arraché de haute lutte, présente certaines faiblesses, pourquoi nos parlementaires namurois, Présidente en tête, associant des collègues de toute la Wallonie, ne déposeraient-ils pas une proposition de modification du Décret Anselme affirmant que :

NAMUR EST LA CAPITALE de la WALLONIE, et le SIEGE de son PARLEMENT, de son GOUVERNEMENT et de son ADMINISTRATION.

 

jeanlouis.close@gmail.com
Pour le Groupe PS

15 mars 2010

21:26 Écrit par Jean-Louis Close dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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