24/09/2010

ET NAMUR DANS TOUT CA

(Conférence donnée le 06 septembre 2010 dans le cadre du 20ème anniversaire de la création du FIFTY ONE INTERNATIONAL NAMUR AVENIR)

Une ville n’est pas une abstraction.

C’est un lieu vivant, c’est un corps humain dont toutes les composantes doivent être irriguées par un projet de vie dont tous les habitants – consciemment ou non - doivent être parties prenantes.

Mais la ville – à la différence de nos êtres de chair et de sang – est, osons le mot, éternelle : son statut, ses compétences, son rayonnement peuvent être modifiés au long des siècles.

Elle peut être rayée de la carte par des guerres ou des catastrophes naturelles mais elle a été et restera la base de l’organisation humaine depuis que les hommes sont passés du stade nomade ou stade sédentaire.

Tous les autres niveaux de pouvoir peuvent être bouleversés – Dieu sait si nous en savons quelque chose.

L’Histoire foisonne de ces évolutions : du Comté à la Principauté et au Duché, du Royaume à l’Empire et à la République, de la Province, de la Région à l’Etat Nation et aux fédérations d’Etat.

Mais la ville – du simple village à la mégalopole existera toujours.  Pour employer un mot très à la mode : elle est durable.

La majorité de la population mondiale se concentre dans les cités créant parfois des entités monstrueuses et inhumaines mais le mouvement de concentration et de rassemblement humains né il y a des millénaires n’est pas prêt de s’arrêter.

Et Namur dans tout cela me direz-vous ?

Envisager l’avenir ne peut se faire sans référence au passé et sans description des étapes qui marquèrent Namur pour l’amener à son statut actuel.

Rassurez-vous, je ne remonterai pas à la création de notre ville vu l’heure tardive mais j’évoquerai ce que furent ces quarante dernières années - que la plupart d’entre vous ont vécues - et je rappellerai les étapes fondamentales qui lui ont permis ou auraient dû lui permettre de grandir territorialement, démographiquement, économiquement et politiquement avant d’essayer de tracer des pistes pour son avenir.

Au lendemain de la guerre 40, nous avons perdu notre statut de place forte militaire et progressivement cette composante importante de la société namuroise allait disparaître : la caserne Marie-Henriette, la Caserne Léopold, les Commandos à la Citadelle, Belgrade, Flawinne, Marche-les-Dames, tous des lieux où des milliers de soldats furent formés et casernés.

Nous étions déjà une ville de classes moyennes à la réputation bourgeoise composée de professions libérales, de commerçants, de fonctionnaires, d’enseignants.  Savez-vous qu’à ce jour, plus de 70.000 étudiants fréquentent nos écoles namuroises !

Notre tissu économique comportait encore quelques entreprises relativement importantes dans le domaine manufacturier : Materne et Finet-Acina à Jambes, les papeteries à Saint-Servais et les Bas Prés.

Notre tissu urbain n’avait pas été bouleversé par l’industrie lourde.

Nous étions un centre d’enseignement reconnu et un centre de décision politique et administratif : Namur Capitale de la Province et Chef-lieu d’Arrondissement.

Qui utilise et comprend encore ce terme : « Chef-lieu d’Arrondissement » qui fait penser à une douce sous-préfecture française et qui paraît tellement désuet à l’heure des bouleversements institutionnels intervenus et prévisibles.

Dans le domaine culturel : peu de choses originales.

Nous étions un lieu d’accueil mais non de création.

Les Galas Karsenty au Théâtre Royal où la bourgeoisie namuroise se montrait, assise sur des fauteuils réservés de saison en saison, de génération en génération.

Le niveau social se mesurait à la faculté d’occuper le premier balcon de face ou les bons sièges du parterre, la loge familiale était très prisée !

Les intellectuels se retrouvaient aux conférences des Amitiés Françaises, aux concerts des Jeunesses musicales, que se partageaient les ados que nous étions avec les séances d’Exploration du Monde.  Nous fréquentions 4 petits complexes de cinéma où s’ébauchèrent les premiers amours…

Au niveau festif, quelques événements venaient bouleverser la vie namuroise :

  • La Féérie Namuroise avec Jean Biétrumé Picard
  • Le Grand Prix de Moto Cross – seul élément à caractère international à l’époque
  • Les Fêtes de Wallonie qui se préparaient à sortir des vieux quartiers

 

Les deux premiers événements ont disparu et le troisième largement copié a été livré aux industries de la Communication et aux Marchands du Temple.

Le tourisme était peu développé.

On passait par Namur – Porte des Ardennes – pour aller à Dinant.  Cela résume tout.

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Le premier électrochoc qui secoua la vie paisible de Namur après le temps des Bourgmestres Huart, Pieltain et Lebrun fut la fusion des communes en 1976, qui fit passer Namur du statut de petite ville provinciale au statut de troisième ville de Wallonie, après Liège et Charleroi, et dans le top 10 des villes belges.

Le deuxième bouleversement survint quelques années plus tard lorsque Namur fut choisie comme Capitale wallonne.

Du statut de troisième ville wallonne, elle passait « en termes symboliques » à la première place.

Il fallait assumer.

Malheureusement, les Namurois, comme la plupart des Wallons d’ailleurs mais sans doute plus, sont frileux face à la nouveauté et n’accueillirent ces deux événements ni par des manifestations de liesse populaire ni par un sentiment de fierté légitime.

La fusion imposée fut considérée comme une violation d’indépendance, une perte de proximité et surtout la fin de petites baronnies politiques.

La reconnaissance comme Capitale wallonne était vu comme une source de tracas par l’arrivée de ses nombreux fonctionnaires et le renchérissement prévisible de l’immobilier.

Il appartenait au monde politique mais aussi aux Forces Vives du Namurois de tirer profit de ces deux opportunités pour booster Namur afin que des répercussions positives rayonnent sur l’ensemble des citoyens namurois.

Il fallait pour cela un instrument qui rassemble  ses « forces vives » et ce fut la création de NEW, premier lieu de rencontre des mondes économique, politique, culturel, social et éducatif et dont la devise était : « mettre le Monde dans la tête des Namurois et Namur dans le Monde ».

Il fallait vaincre la résistance des piliers traditionnels, travailler en transversalité, sortir de ses chapelles institutionnelles, élaborer des stratégies de développement, sortir Namur de sa lourdeur, de sa lenteur, de sa torpeur.

Je me souviens de la réaction de certains échevins lorsque, à l’aube des années 80, jeune Bourgmestre, je leur demandai l’autorisation d’assister à un colloque européen à Strasbourg dont le thème portait sur « les Relations internationales, facteur de développement des Villes ».

Quoi : un colloque … à l’étranger ?

Quoi : des relations internationales pour une ville ?

Est-ce bien utile ? N’est-ce pas gaspiller l’argent du contribuable ?

Que de chemin parcouru !

Que de chemin parcouru avec les FUNDP dont tous les Recteurs et le Corps académique se sont mis au service du développement de la Ville et de sa Région.

Que de chemin parcouru dans le domaine de la santé avec le renforcement de nos institutions hospitalières mais surtout l’émergence d’un consensus entre elles pour assurer un développement technologique maximum tenant compte des spécificités de chacun et des deniers publics investis.

Que de chemin parcouru dans le domaine culturel avec la création entre autres de la Maison de la Poésie, du Centre de Chant choral, du Centre de création théâtral et la rénovation du Théâtre, du Festival International du Film Francophone (dont on fêtera les 25 ans cette année), du Festival du Film Nature, de Namur en Mai, du Festival Verdur Rock et la reconnaissance des musiques nouvelles au Belvédère.

Que de chemin parcouru en termes touristiques avec l’élan donné à la Citadelle, la rénovation de nos vieux quartiers, la perspective de nouveaux développements muséaux, l’essor du tourisme fluvial, la place d’Armes relookée,…

Que de chemin parcouru en termes d’aménagement du territoire reconnu comme une composante essentielle de la Politique de la Ville.

Plus de 100.000 m² de bureaux construits pour la Région en moins de 15 ans sans trop bouleverser notre paysage.

Que de chemin parcouru en termes économiques avec nos parcs d’affaires, nos centres technologiques, la restructuration de nos institutions publiques de développement en partenariat avec le secteur privé, la construction du Centre de congrès.

Mais aussi que de batailles stériles pour vaincre les mentalités conservatrices, que de batailles perdues, que d’occasions manquées dont la plus symbolique en termes d’affirmation de Namur et de rayonnement régional et international fut l’échec de l’implantation d’un nouveau Parlement au Confluent de la Sambre et de la Meuse.

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Une troisième chance historique va offrir à Namur une nouvelle possibilité de s’affirmer et de grandir au bénéfice de ses citoyens et de la Wallonie.

Il s’agit du bouleversement institutionnel inéluctable qui se prépare : le centre de gravité de la Belgique va se déplacer du Fédéral vers les trois Régions avec comme corolaire une augmentation des compétences et donc des moyens financiers des Régions.

Ce bouleversement institutionnel fédéral aura sans nul doute des répercussions à l’échelon de l’institution provinciale. 

Pour assumer ce nouveau rôle, Namur doit absolument se doter d’infrastructures et d’institutions qui dépassent le cadre local pour atteindre au moins le niveau régional voire européen.  Il nous faut upgrader Namur.

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Qui dit augmentation de compétences régionales, dit transfert de personnel avec comme corolaire la nécessité de l’héberger.

Puis-je rappeler qu’au moment du choix de Namur comme Capitale, qui avait été précédée par l’installation de l’Assemblée régionale et de certains ministères, l’ensemble des mouvements associatifs férus d’aménagement du territoire ainsi que la CCAT et le Conseil communal avaient été étroitement associés à la réflexion : « où bâtir la Capitale administrative et politique de la Wallonie ? ».

Deux principes s’imposèrent :

Premier principe : pas d’implantation administrative dans la Corbeille.

Deuxième principe : établir autant que faire se peut l’administration sur un axe allant de la gare de Namur à la gare de Jambes, du Boulevard Cauchy à l’Avenue Gouverneur Bovesse à Jambes.

Ces deux principes furent respectés et Jambes bénéficiera en grande partie de l’implantation régionale.  Pour rencontrer le nouveau défi institutionnel, Namur doit se doter rapidement d’une Task-force chargée de définir les investissements à caractère régional nécessaires à sa nouvelle vocation.

Je vais évoquer quelques investissements qui sont de nature supra locale et dont l’implantation à Namur serait bénéfique pour toute la Région.

Parlons tout d’abord de l’accueil des nouvelles fonctions et de leurs implantations.

Sauf à supprimer de l’habitat, indispensable à un bon équilibre des fonctions, il n’y a plus d’espaces constructibles sur le site régional jambois.

Par contre, l’espace Boulevard E. Mélot – Boulevard Cauchy a été peu exploité hormis l’heureuse rénovation de l’immeuble Bibot place Léopold.

A ce propos, je souhaite attirer votre attention sur un dossier très important qui a fait peu de vagues jusqu’à présent mais qui constitue, à terme, une modification fondamentale du Nord de la Corbeille.

Je veux parler du projet d’aménager la nouvelle gare des bus – qui en a bien besoin – sur la dalle de la Gare, ce qui nécessitera pour l’atteindre une rampe et un pont haubané qui seraient construits au départ de la place Léopold.  Cette gare des bus serait donc perchée à plus ou moins 15 mètres de haut, drôle d’affectation pour un toit !

Ce dossier non encore soumis à consultation ni au Conseil communal a fait l’objet de plusieurs présentations notamment lors de la semaine de l’aménagement durable en mai dernier et a été présenté comme acquis par ses promoteurs.

Je ne puis imaginer – même au nom de la sacro sainte intermodalité – que les usagers du TEC se retrouvent perchés à 15 mètres de haut exposés à tous les vents alors qu’une autre possibilité bien plus rationnelle existe en reliant par une dalle, la gare actuelle au Pont de Louvain, ce qui assurerait enfin une liaison sécurisée entre Bomel et la Corbeille au travers du nouveau centre commercial envisagé au Square Léopold créerait un nouvel espace public et accueillerait la nouvelle gare des bus.

Il se fait que cette proposition, déjà évoquée lors de la rénovation de la gare a été présentée, à nouveau, à la Ville, qui l’aurait catégoriquement rejetée.

La dalle actuelle ainsi libérée pourrait accueillir 10.000 m² de bureaux reliés directement aux chemins de fer, aux bus et au Ministère de la Région wallonne, Boulevard du Nord.

D’autres possibilités de construction existent le long du Boulevard E. Mélot, ce qui aurait pour heureuse conséquence d’enfin refermer la bordure de la gare jusqu’à l’Avenue des Croix de Feu et constituer un nouveau boulevard.

Mais cette troisième chance historique de développement pour Namur ne peut se résumer à des constructions administratives.

Namur Capitale doit revendiquer les services et infrastructures liées à ce renforcement de son pôle décisionnel régional et adapter ses structures de concertation et de décision en conséquence.

Namur doit aussi mener une politique de l’emploi au bénéfice de ses citoyens et celui-ci ne peut être uniquement administratif.

Il nous faut la diversifier.

Namur, pour assurer son développement économique, doit disposer des terrains nécessaires à l’accueil d’entreprises.

Nos parcs industriels et d’affaires seront vite proches de la saturation malgré l’extension du zoning de Rhisnes dédicacé à l’éco-construction.

La création d’une nouvelle zone d’accueil orientée vers les nouvelles technologies sur le plateau de Bouge à proximité de l’autoroute E411 doit être réactivée.

Le dossier est en souffrance à la Région wallonne depuis bientôt 4 ans sans avoir le soutien franc de la Ville de Namur.

Toujours dans le registre économique, les Namurois oublient souvent l’importance de l’attractivité du Palais des expositions, équipement à vocation régionale et internationale, qui draine chaque année des dizaines de milliers de visiteurs.

Le BEP, la Ville, la Province, la Région et le secteur privé se sont associés pour consentir de gros investissements pour rénover et agrandir l’outil.

Mais la demande croissante en espaces d’exposition et de parking existe bel et bien.

Il faut donner de l’oxygène au Palais. Le transfert du stade de Salzinnes à Bouge permettrait une première extension mais il faut rester attentif à l’évolution des Bas Prés dans les vingt ans à venir.

Ceux-ci constituent une importante réserve foncière de même que les terrains de Ronet à Flawinne qui font l’objet d’une étude du Port Autonome et du BEP pour y implanter un centre multimodal.

Le développement économique doit aller de pair avec une concertation permanente avec nos Hautes Ecoles et nos Facultés Universitaires, au risque de voir ces dernières se diluer dans la nouvelle Académie Louvain et perdre à terme des centres de recherche importants.

En effet, l’attraction économique d’une région ou d’une ville ne se décrète pas mais est le résultat d’un ensemble de facteurs au premier rang desquels la disponibilité de terrains, la qualité de son enseignement, la présence de centres de recherche, son offre culturelle et la qualité de son environnement.

Et quand je dis environnement, je ne vise pas seulement la préservation de nos zones vertes et des bords de Meuse mais surtout et avant tout la qualité de notre environnement quotidien : la propreté et la sécurité de toutes nos rues et places, la qualité et l’esthétique de son équipement urbain, la préservation de son patrimoine mais aussi de l’audace dans l’expression architecturale.

Dans ces perspectives, il nous faut décloisonner le monde politique namurois qui me semble s’être refermé sur lui-même.

L’actualité et l’avenir sont aux réseaux, aux réseaux européens notamment, aux multiples interférences entre les décideurs politiques, les milieux économiques, les centres éducatifs, le monde culturel et associatif, sans barrière ni idéologique, ni philosophique, ni territoriale.

La concertation permanente entre les milieux économiques privés et publics, les acteurs sociaux et les institutions universitaires doit être la règle.

Namur doit être moins frileuse dans ses rapports avec les pouvoirs subsidiants que sont la Région wallonne et pour un temps encore, le Fédéral et la Communauté française.

Le Namurois doit quitter cette sempiternelle rengaine du « Il faut être raisonnable, les temps sont difficiles, il n’y a plus d’argent, etc ».

Je constate malheureusement que, quelles que soient les circonstances budgétaires ou politiques, il y en a toujours pour les autres villes wallonnes mieux représentées politiquement.

Reprenons le simple exemple du projet sur la dalle de la gare.

La responsabilité du non-achèvement de la couverture de la gare n’incombe pas à la Ville de Namur mais à un télescopage entre des directives contestées de l’administration de l’Aménagement du territoire wallon et la mésentente d’opérateurs économiques compliquée par un interventionnisme politique sous-localiste.

La nouvelle gare de Liège a coûté plus de 400 millions d’euros, la future gare de Mons – du même architecte – approchera les 250 millions d’euros et pour Namur, il n’y a pas un euro depuis 10 ans.

Ces centaines de millions d’euros ont été financés  par la SNCB et le Fédéral, et pour Namur, la SNCB n’aurait plus un euro mais compte faire payer la Région wallonne notamment son secteur de la mobilité !

Est-ce juste et admissible ?

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Namur a reçu la promesse il y a de très longues années de la construction d’un hall sportif indoor destiné la formation de nos élites sportives francophones.

Ce dossier est revenu sur la table par la voix du Ministre Antoine à Barcelone.

Je n’ai pas entendu nos politiques namurois – tous partis confondus – rappeler cet engagement et revendiquer pour Namur cet important investissement générateur d’emplois et de chiffres d’affaires pour nos entreprises.

Comme je les ai trouvés très discrets sur le dossier de fermeture définitive de notre patinoire.

Par ailleurs, la presse a fait régulièrement écho de la possibilité d’organiser le Mondial conjointement avec la Hollande.

Les grands investissements échapperont à Namur.

 

Mais pourquoi Namur ne pourrait-elle pas revendiquer au moins un centre d’entraînement moderne à vocation régionale et internationale doté de multiples terrains et d’un stade qui serviraient à nos équipes régionales et à nos écoles ?

Ces deux équipements, le hall indoor et le centre d’entraînement pourraient se situer sur le plateau de Bouge, qui deviendrait ainsi à la croisée des autoroutes wallonnes un pôle important de loisirs sportifs et éducatifs en même temps qu’une zone de développement économique.  Un nouveau et moderne visage pour Namur.  Une nouvelle carte de visite régionale.

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A l’intersection du tourisme, de l’économie et de l’histoire, jaillit notre Citadelle, principal élément de notre attraction touristique internationale.

Il nous faut retrouver une ligne directrice de développement telle que l’avait ébauché le plan stratégique « Stratépôle » déposé par NEW il y a bien longtemps.

Notre Citadelle doit s’inscrire dans des réseaux de valorisation et de promotion européens.

Une rationalisation de sa gestion est également indispensable : on ne peut gérer et promouvoir un tel site quand le pouvoir se partage entre une ASBL et plusieurs échevins.

Cette perspective est également nécessaire dans le secteur du tourisme où les organismes de promotion foisonnent : deux syndicats d’initiative, une maison du tourisme, une administration communale dotée d’un directeur.

C’est beaucoup !

Dans le domaine culturel, une meilleure concertation entre la Ville et la Province est nécessaire pour rationnaliser aussi la gestion des infrastructures et institutions situées sur le territoire namurois.

3 salles de spectacles (Théâtre, MCN, Caméo), 2 Pouvoirs publics, 2 administrations, 3 directions

2 musées provinciaux (Rops et De Gaiffier), 2 musées communaux (Archéologique et Musée de Croix).

Est-ce viable à terme et performant dans le présent ?

Pourquoi ce qu’on a réussi à faire dans le domaine économique institutionnel ne pourrait-il se concrétiser dans la Culture.

L’essor régional pris par notre Théâtre doit être renforcé par l’aménagement de nouveaux lieux de diffusion et de création, je pense à ce propos à la rénovation du Grand Manège pour lequel nous avions un accord de principe de financement par la Communauté française.

Dernier épisode en date dans le domaine culturel, le dossier de rénovation du Caméo.

Ce bâtiment, acheté par la Ville en 2005, est destiné à héberger en priorité des activités cinématographiques et audiovisuelles.

5 ans après, le dossier est toujours au point mort par manque de saine concertation et de volonté politique commune.

Or, ce lieu est absolument indispensable d’une part pour le cinéma « Art et Essai » mais surtout pour assurer la pérennisation de l’organisation d’un événement international qu’est le FIFF et pour accueillir le Festival du Film Nature, de réputation internationale lui aussi, et bientôt d’autres festivals.

La conception de sa rénovation doit permettre d’être opérationnel pour les 20 ans à venir mais surtout constituer un pôle régional et international.

Sans une ambitieuse rénovation dotée des dernières techniques audiovisuelles, Namur perdra ces événements que d’autres villes mieux équipées sont prêtes à accueillir.

Bien d’autres domaines pourraient encore être explorés, domaines qui font la force de Namur, telle l’attractivité commerciale régionale du Centre de Namur qui me semble vouée à une lente asphyxie si des mesures énergiques en termes d’accessibilité et de parking ne sont pas mises en œuvre.

Ce ne sont pas des « parkings dissuasifs » installés loin du Centre qui favoriseront sa fréquentation.

Je pense notamment à l’implantation d’un parking souterrain au Grognon, projet qui avait été proposé avant de reboucher le trou des fouilles.

Il est éminemment regrettable de destiner une telle surface uniquement à l’accueil de quelques concerts durant les Fêtes de Wallonie.

On ne laisse pas un lieu chargé d’une telle valeur symbolique déserté la plupart de l’année  et affecté à quelques places de parkings.  Je rêve qu’y soit bâtie la bibliothèque du 21ème siècle.

Le courage politique impose que l’aménagement du Grognon soit remis sur la table et pas uniquement en faveur d’un investissement institutionnel et qu’enfin une passerelle piétonne joigne les 2 berges de la Meuse.

Voilà, Mesdames et Messieurs, Chers Amis, mon devoir, j’espère, rempli : tracer des perspectives d’avenir pour Namur.

Son avenir dépendra d’abord de la volonté commune qui sera exprimée au niveau local.  Nous devons compenser notre poids politique modeste par la recherche difficile mais opiniâtre de consensus et travailler à plus de convergence dans le secteur public.

Tous les investissements dont je vous ai fait part sont majoritairement publics et doivent se hisser au niveau régional voire européen.

Ils sont de nature à renforcer l’attractivité namuroise et à lui permettre d’assumer son rôle de capitale.

Ils encourageront les investissements privés dans les domaines de l’accueil des entreprises, de l’immobilier et de l’hôtellerie.

Ils seront créateurs d’emplois.

Une  nouvelle opportunité de développement va s’offrir à Namur, ne la galvaudons pas.  Nous devons la préparer dès maintenant tous ensemble.

Namur, si les Namurois le veulent, possède tous les atouts pour assurer pleinement son rôle de Capitale à condition de faire preuve d’imagination, de créativité, de dynamisme et de fierté, de prospective.

Puisse ce plaidoyer susciter le débat et non la polémique.

Puissions-nous avoir des hommes politiques à la hauteur de nos ambitions légitimes.

Vive Namur !

Jean-Louis Close

18:37 Écrit par Jean-Louis Close dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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